Monday, January 9, 2012

L'éthique, tentative d'explication à un jeune adulte

Un jeune me pose la question suivante : Dieu est-il résolument CONTRE toute forme de contravention aux lois qui nous gouvernent actuellement, au Québec? En tant que pasteur jeunesse, je dois essayer de répondre...

D'abord, à mon sens, la question est un peu mal posé. Posé comme ça, on imagine un Dieu qui serait content ou fâché selon qu'on demeure dans le cadre des lois civils. La faveur ou la défaveur de Dieu dépend t-elle de l'obéissance au cadre légal qu'établisse les hommes ? Jésus a formulé le problème ainsi, vis-à-vis des lois religieuses (et, par extention, toutes lois) : est-ce que l'homme existe pour les lois, ou si les lois existent pour l'homme ? La loi a son utilité, mais attention, elle n'est pas un principe de justification devant Dieu.

Réfléchissons donc un peu sur le rôle des lois. Pourquoi existe-t-elles ? Les lois sont un cadre réglementaire qui régissent nos comportements en société. Elles doivent être tenu pour normative. Lorsque ma femme allait accoucher et que j'étais au camp Péniel, j'ai roulé plus vite que 100 km/heures pour aller auprès d'elle. Dieu était-il contre ma conduite ? Contre mon empressement ? Lorsqu'un jeune de 17 ans boit une bière (ou 2-3) dans un bar, Dieu est-il déçu (peut-être ses parents, oui!). La faveur ou la défaveur de Dieu tient-elle à la soumission stricte aux règlements du code routier ou autre ?

Mais suis-je antinomiste, ici (Antinomie: Idée que les membres d'un groupe religieux particulier ne sont pas tenus d'obéir aux lois de l'éthique ou de moralité, tel que les présentent les autorités religieuses.) ? Se peut-il que nous ayons la liberté, parfois, d'enfreindre certaines lois sans pour cela que Dieu soit "contre" ? User de notre liberté provoque-t-il chez Dieu quelques passions malheureuses... comme si pour chaque geste que nous faisions Dieu levait ou baissait son pouce ?!!

Je crois que ce qui est moralement inadéquat dans les deux exemples mentionnés, c'est de sortir d'un cadre qui a été conçu pour le bien commun. En sortant de ce cadre, nous nous exposons à des situations potentiellement dangereuses (éthique déontologique). Le risque de danger pour soi et pour les autres augmente. Tourner à droite sur un feu rouge à MTL à 2h00 du matin dans une petite rue déserte est (à mon humble avis) un plus petit risque que de boire dans un bar à 17 ans.

Lorsque l'on juge de la moralité d'une action en fonction de ses conséquences (éthique conséquentionnaliste) ou selon l'évaluation de la situation (éthique situationniste) ou de notre devoir envers autrui (éthique déontologique), on ne réfléchit plus dans l'optique du jugement moral de Dieu. Dieu nous donne la faculté de raisonner, il me semble que c'est à la base de l'être humain. Nous ne sommes pas conditionné ni régit par un code de loi comme des robots. (Mais alors, qu'est-ce qui provoque le jugement moral de Dieu ? À vous d'y réfléchir !

Revenons à nos 2 exemples. Voici ma réponse : Idéalement, ni l'un ni l'autre ne devrait être fait. Non pas parce que Dieu serait "contre", par peur ou par devoir. Mais par tempérance, par sécurité, par amour quoi, pour soi-même et pour Dieu. La réponse serait donc : Dieu n'est pas nécessairement "contre". Mais chacun de nous  ne devrait pas briser les lois pour les raisons que je viens de mentionner (amour, justice, tempérance). Ça prend du courage pour appliquer ça. Qu'en pensez-vous ?

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